Carnaval de
Dunkerque
Du 19 janvier au 2 mars 2013
Ancré dans l’histoire de la ville depuis des siècles, le carnaval est l’un
des rendez-vous culturels incontournables de Dunkerque. Pendant plusieurs
semaines de fête, les habitants de la région, et bien au-delà, se retrouvent dans
les rues animées par les bandes ambulantes de musiciens et les bals.
Difficile d'expliquer le succès sans cesse renouvelé de ce grand
rassemblement populaire, dont les origines se perdent dans la nuit des temps.
L’histoire du carnaval de Dunkerque serait intimement liée à la pêche. Au début
du XVIIe siècle, les armateurs offraient des repas et une fête aux pêcheurs
avant leur départ pour six mois en Islande. Cette tradition a perduré, au point
que les habitants se sont approprié l’événement. Ici, tout le monde sort son
clet'che (costume), de plus en plus sophistiqué et coloré - à l'origine, il
était constitué de tissus de récupération, voire de sacs à patates.
L’ouverture du carnaval de Dunkerque se fait avec le Bal du Chat Noir le 19
janvier, attendu par des milliers de festivaliers. Et la fête va durer… près
d’un mois et demi, période pendant laquelle les carnavaleux vont se retrouver
et nouer des liens.
Le carnaval, c’est d’abord « la bande », le défilé à l’occasion
duquel des milliers de personnes déguisées envahissent les rues, suivent la
musique et chahutent ensemble. Des bandes organisées dans différents quartiers,
tout au long du festival. Odeurs de hareng fumé, poitrines écrasées, hommes
poilus en porte-jarretelles, musiques traditionnelles, rollmops, potje vleesch
et bière... Voici le décor du festival. L’âge, le travail pas plus que le
milieu social n’ont d’importance dans la bande, qui obéit à d’autres règles,
d’autres mots d’ordre, non moins précis.
Chahuts, tambour-major et rigodon
Pendant que les tambours battent le rappel, l’énorme pagaille s’organise.
Les "masquelours"méconnaissables sous leurs maquillages bariolés, se
prennent bras dessus, bras dessous pour former des lignes. Lors des nombreux
"chahuts"le moment le plus physique du carnaval, les premières lignes
du défilé se bloquent au son des cuivres et retiennent les milliers de
carnavaleux qui poussent et sautent.
Au signal du « "tambour-major" », toujours revêtu de
son costume de grognard napoléonien, fifres et tambours entament le "rigodon"
d’honneur qui servait de rassemblement aux soldats de l’Empire. La foule
compacte saute en cadence et pousse pour mettre les premières lignes à
l’épreuve. Le tambour-major, à la tête d’une soixantaine de musiciens vêtus du
ciré et du suroît jaune des pêcheurs, ordonne que cesse le rigodon, puis le
cortège s’ébranle.
Durant quatre heures, comme une vague, la
« "visscherbende" » (la bande) déferle sur la ville. Devant
l’hôtel de ville, le maire et son conseil municipal lancent des harengs fumés
sur la foule. À la fin de la bande, sur la place principale, a lieu un chahut
ininterrompu d'une heure.
L’avant et l’après-bande
Et puis il y a aussi l’avant et l'après-bande. Dès le matin, les
carnavaleux défilent, allant de chapelles en cafés. « "Les
chapelles" », ce sont les maisons dans lesquelles des Dunkerquois
invitent les carnavaleux à se restaurer, à partager bière, rosé, soupe à
l'oignon, convivialité et musique. Le jeu, c’est aussi de se faire inviter dans
des chapelles où l'on ne connaît personne. Dans toutes les grandes salles de
l’agglomération, les bals rassemblent plusieurs milliers de personnes toute la
nuit aux rythmes des accords de l'orchestre.Alors comme le veut la tradition à
Dunkerque : « "entrez dans la bande ! " »
Per: Seila Javaloyes Romero

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