Aggravée par un accident de montgolfière, la crise du tourisme plonge l'économie égyptienne dans le marasme.
Des palaces à moitié vides
La crise du tourisme est également fatale aux croisières. Sur les 350 bateaux qui avaient l'habitude de naviguer entre Louxor et Assouan, plus au sud, seuls une petite trentaine sont encore en activité. «Il fut un temps où nous avions entre 10.000 et 14.000 touristes par jour à Louxor. Désormais, ça tourne autour des 2 000 visiteurs», se désole Ibrahim Osman. Ce guide touristique regrette que les aléas de l'actualité aient une telle répercussion sur sa ville. «Comme vous le voyez, Louxor est une ville calme et accueillante. D'ailleurs, ici, la révolution s'est déroulée tranquillement. En fait, on vit loin de la politique, pour la bonne raison que notre économie n'en dépend pas. Ici, notre économie est liée à 70 % au tourisme», dit-il. C'est dans cet esprit que les habitants de Louxor ont majoritairement voté, en juin dernier, pour l'ex-ministre de Moubarak, Ahmad Chafiq, contre Mohammed Morsi, un ancien des Frères musulmans. «On ne peut pas s'empêcher de craindre que les islamistes chassent les touristes, avec leurs idées rétrogrades sur les femmes et l'alcool», souffle Ibrahim Osman. Pour lui, la vraie menace ne vient d'ailleurs pas de l'instabilité politique et des manifestations qui embrasent régulièrement la capitale, mais de la poussée salafiste dans les villages des alentours de Louxor.
Des clients russes
C'est que ce diplômé en archéologie qui travaille dans le tourisme depuis quinze ans est resté traumatisé, comme tant d'autres, par le massacre de novembre 1997 au temple d'Hatchepsout. L'attaque, attribuée à la Gamaa al-Islamiya, causa à l'époque la mort de 62 personnes et dissuada un temps les touristes passionnés par l'Égypte ancienne de se rendre au pays des Pharaons. Avant la révolution, ces derniers étaient néanmoins revenus en masse dans la vallée du Nil. En attendant des jours meilleurs, l'industrie touristique se rabat aujourd'hui sur son autre clientèle: celle qui, originaire de Russie et d'Allemagne, préfère les plages ensoleillées des stations balnéaires de Charm el-Cheikh et de Hurghada. «D'ailleurs, notre pays a tellement mauvaise cote en ce moment que les voyagistes mettent l'accent, dans leurs brochures, sur la “mer Rouge”, un terme plus exotique et moins connoté que l'Égypte», concède Ibrahim.Per: Rocio Lyon Rico.


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